Un tiroir qui déborde de grandes pochettes cartonnées, des clichés d’un genou ou d’une dentition datant de dix ans : beaucoup de gens se demandent un jour quoi faire de ces vieilles radios. Le réflexe de les glisser dans le sac-poubelle est naturel, mais il n’est pas le bon. Voici les endroits où les déposer, les raisons de cette règle et les précautions à prendre avant de vous en séparer.
Où jeter vos radiographies ?
Les radiographies argentiques, ces films transparents que l’on regarde à contre-jour, se déposent dans une filière de tri, pas dans le bac des ordures ménagères. Trois options existent : la déchèterie, un établissement de santé ou une association de collecte. Le point commun est que le film part ensuite vers un recycleur capable de récupérer l’argent qu’il contient.
En déchèterie
C’est l’option la plus accessible pour la majorité des particuliers. Certaines déchèteries disposent d’une benne ou d’un point de collecte dédié aux radiographies, souvent classées avec les déchets dangereux ou les déchets diffus. L’offre varie toutefois d’une collectivité à l’autre : un appel ou un coup d’œil sur le site de votre commune ou de votre intercommunalité évite un déplacement pour rien.
Dans un établissement de santé (hôpital, clinique)
Les services de radiologie, les cabinets d’imagerie, les hôpitaux et les cliniques travaillent déjà avec des prestataires qui récupèrent les films usagés. Beaucoup acceptent de reprendre ceux des patients, surtout si vous êtes déjà suivi chez eux. Téléphonez avant de vous déplacer : tous ne le font pas, et certains demandent de déposer les clichés à l’accueil du service d’imagerie.
Auprès d’une association
Des associations collectent les radiographies pour les revendre à des recycleurs et financer ainsi leurs actions, parfois des projets solidaires ou humanitaires. Vous donnez une seconde vie à un déchet tout en soutenant une cause. Des boîtes de collecte existent dans certaines mairies, pharmacies partenaires ou structures locales, et les associations indiquent en général leurs points de dépôt sur leur site.
Et la pharmacie ?
Les pharmacies reprennent les médicaments périmés et certains déchets de soins, mais pas les radiographies de manière générale. Seules celles qui participent à une collecte associative les acceptent. Sans confirmation préalable, mieux vaut s’abstenir.
Pourquoi ne pas jeter les radiographies à la poubelle ?
Un film radiologique argentique contient des sels d’argent. Ce métal est précieux, mais il pose problème une fois enfoui ou incinéré avec le reste des ordures : il peut polluer les sols et les eaux. Les radios sont donc considérées comme un déchet à trier à part, au même titre que d’autres déchets qu’on ne mélange pas aux ordures.
Le film lui-même est un support en polyester, une matière plastique qui se recycle. En l’envoyant à la poubelle, vous perdez donc deux ressources à la fois : le métal et le plastique. L’impact environnemental n’est pas anodin quand on multiplie ce geste à l’échelle d’un pays.
Brûler ses radios : l’idée à écarter
Mettre le feu à un tas de radiographies dans le jardin dégage des fumées toxiques et perd l’argent récupérable. Le brûlage à l’air libre de déchets est par ailleurs interdit et peut valoir une amende. Rapportez-les plutôt à un point de collecte.
Le recyclage des radiographies : que deviennent-elles ?

Une fois collectés, les films sont regroupés puis confiés à un recycleur spécialisé. Deux méthodes principales sont utilisées : un traitement chimique qui détache l’émulsion argentique du support, ou une incinération contrôlée dont on récupère les cendres riches en métal. L’argent est ensuite affiné et revendu à l’industrie, notamment pour l’électronique et la bijouterie.
La quantité récupérée par film est modeste, de l’ordre de quelques grammes par kilo de radios. C’est pourtant ce qui rend la filière rentable, et ce qui explique que des associations puissent en tirer un financement. Le support en polyester, de son côté, est lui aussi valorisé.
Combien de temps garder ses radiographies avant de les jeter ?
La loi ne fixe pas de durée précise pour les particuliers. Les établissements de santé, eux, conservent le dossier médical pendant vingt ans en général, mais cela ne remplace pas vos propres clichés si vous changez de médecin ou de ville. Le bon repère est celui de votre suivi : tant qu’une pathologie ou une prothèse est suivie, gardez les images, car elles servent de point de comparaison.
Pour une fracture guérie depuis longtemps ou un examen sans suite, une conservation de quelques années suffit le plus souvent. En cas de doute, demandez à votre médecin ou à votre radiologue si ces images présentent un intérêt. Vous pouvez aussi demander une copie numérique avant de vous séparer du film.
Questions fréquentes

Les radiographies numériques se jettent-elles de la même façon ?
Non. Une radiographie numérique est un fichier, souvent remis sur CD, DVD ou clé USB. Ces supports relèvent des déchets électroniques et se déposent en déchèterie ou dans un point de collecte adapté. Si vous avez un tirage papier ou film imprimé depuis un fichier, vérifiez auprès de votre déchèterie, car ces tirages ne contiennent pas toujours d’argent.
Faut-il retirer la pochette ?
Oui, c’est conseillé. Séparez les films de leur enveloppe en carton, qui se recycle avec le papier, et retirez les étiquettes ou agrafes quand c’est possible. Pensez aussi à effacer ou à découper votre nom si vous le souhaitez, par discrétion, avant de déposer vos clichés.
Ai-je le droit de les garder indéfiniment ?
Absolument. Ces images sont les vôtres, et rien ne vous oblige à les jeter. Si elles ne servent plus à rien, le tri reste cependant la solution la plus utile, pour l’environnement comme pour les associations qui les valorisent.
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